L'espèce invasiveFrelon asiatique
Vespa velutina
- Taille modérée, environ 3 cm
- Thorax brun-noir velouté, presque uni
- 4ᵉ segment de l'abdomen jaune orangé
- Extrémité des pattes nettement jaune
Le reconnaître, comprendre comment il vit et chasse, mesurer son impact, savoir quoi faire — en dix minutes.

Année d’arrivée en France (Lot-et-Garonne)
MNHN · Première observation
Produits par un nid mature en une saison
MNHN · Estimation colonie
Pertes estimées pour la filière apicole
UNAF · Impact économique
Recensées dans son régime de proies
MNHN · Régime alimentaire
Deux frelons, souvent confondus. Quelques détails suffisent pour distinguer l'espèce invasive de notre frelon européen, parfaitement inoffensif pour la biodiversité locale.
L'espèce invasiveVespa velutina
L'espèce localeVespa crabro
Le saviez-vous ?
Le frelon asiatique est arrivé en France en 2004, vraisemblablement dissimulé dans un lot de poteries importées de Chine. En vingt ans, il a colonisé la quasi-totalité du territoire.
Beaucoup d'insectes ressemblent au frelon asiatique sans en être. Avant d'agir, apprenez à reconnaître les espèces utiles ou inoffensives à protéger.
Seul le frelon asiatique, espèce exotique envahissante, justifie une destruction. Les abeilles, bourdons et syrphes sont des pollinisateurs à protéger.

Apis mellifera
Brun-roux et velue, elle butine paisiblement de fleur en fleur. Bien plus petite que le frelon, elle ne présente ni la taille fine marquée ni les pattes jaunes du frelon asiatique. C'est l'une de ses principales proies.
Pollinisateur à protéger
Bombus
Gros, rond et très velu, il a un vol lourd et bruyant. Sa pilosité dense et ses bandes jaunes et noires le rendent impossible à confondre avec la silhouette élancée et glabre du frelon.
Pollinisateur à protéger
Syrphidae
Cette mouche imite les rayures de la guêpe pour se protéger, mais elle ne possède que deux ailes et de très grands yeux. Son vol stationnaire caractéristique la trahit : elle ne pique pas.
Inoffensif
Vespula vulgaris
Jaune et noir vif, à la silhouette élancée et à la taille très fine, elle est bien plus petite que le frelon. Sociale, elle est attirée par les aliments sucrés et les viandes en été.
Guêpe
Vespula germanica
Quasiment identique à la guêpe commune, elle s'en distingue par trois petits points noirs alignés sur la face. Même gabarit réduit et mêmes couleurs vives, sans rapport avec le frelon.
Guêpe
Polistes
Silhouette fine et allongée, avec de longues pattes qui pendent en vol. Son petit nid en alvéoles ouvertes (sans enveloppe) est très reconnaissable. Espèce peu agressive.
Guêpe
Eumeninae
Solitaire, elle construit de petits nids de boue ou de terre séchée. Discrète et très pacifique, elle n'a ni colonie ni comportement de défense collective.
Inoffensif
Vespa crabro
Plus grand que le frelon asiatique, il est jaune et roux (et non sombre) avec des pattes brun-roux. Espèce locale historique, sans impact sur la biodiversité : il ne faut pas le détruire.
Autre frelon — utileComme les abeilles, le frelon asiatique vit en société hiérarchisée. Chaque caste joue un rôle précis dans le cycle annuel de la colonie.
Fondatrice unique
Seule pondeuse de la colonie. Elle fonde le nid au printemps puis se consacre exclusivement à la ponte tout l’été.
Stériles, infatigables
Femelles non reproductrices. Elles construisent le nid, nourrissent le couvain et chassent les insectes pour la colonie.
Apparaissent à l’automne
Produits en fin de saison, leur unique rôle est de féconder les futures reines. Ils ne possèdent pas de dard.
Les adultes se nourrissent de sucres (nectar, fruits mûrs) pour leur énergie, tandis que le couvain réclame des protéines : c’est pourquoi les ouvrières chassent des insectes.
Les ouvrières mâchent des fibres de bois mêlées de salive pour bâtir un nid de papier, à l’architecture d’alvéoles superposées et protégées par une enveloppe sphérique.
Vingt ans après son arrivée, le frelon asiatique occupe la quasi-totalité de la France métropolitaine, avec des foyers d'une densité particulière sur les façades atlantique et sud-ouest.
Niveaux dérivés des occurrences nationales (GBIF), en 4 quartiles. Future couche : signalements d'intervention anonymisés Teepik.
D’un seul département en 2004 à la quasi-totalité du pays aujourd’hui : retour sur deux décennies d’expansion continue.
1 département touché
Première détection dans le Lot-et-Garonne
13 départements touchés
Expansion dans tout le Sud-Ouest
40 départements touchés
Franchissement de la Loire
75 départements touchés
Présent sur la majeure partie du territoire
90 départements touchés
Quasi-totalité de la France métropolitaine
La colonie est annuelle : elle naît au printemps, atteint son apogée à la fin de l’été, puis s’éteint à l’entrée de l’hiver. Seules les futures reines survivent.
Seules les jeunes reines fécondées survivent à l’hiver, abritées sous l’écorce, dans le sol ou les tas de bois.
La reine sort de diapause et fonde seule un petit nid de la taille d’une orange, souvent abrité près des habitations.
La colonie déménage souvent vers un nid plus vaste en hauteur, qui peut atteindre 80 cm et abriter des milliers d’individus.
Le nid produit les futures reines et les mâles. Après l’accouplement, la colonie décline et le nid se vide pour l’hiver.
L’activité de la colonie suit une courbe très marquée. Le danger culmine de la fin de l’été au cœur de l’automne, lorsque le nid compte le plus d’individus.
Deux facettes qui font du frelon asiatique un redoutable prédateur : une architecture évolutive et une technique de chasse spécialisée.

Nid primaire
Petit, abrité et bas (abri de jardin, avancée de toit), fondé par la reine au printemps.
Nid secondaire
Souvent perché à la cime des arbres, il peut atteindre 80 cm de haut en fin de saison.
Il pratique le vol stationnaire à une vingtaine de centimètres de l’entrée des ruches, attendant les abeilles pour les capturer en plein vol. Son régime de proies est dominé par les insectes pollinisateurs.
Près de 4 proies sur 10 sont des abeilles : de quoi épuiser une ruche entière en quelques semaines.
Au-delà de la gêne, le frelon asiatique fait peser une menace réelle sur la pollinisation et sur la filière du miel, déjà fragilisée.
~20 %
des pertes d’abeilles lui seraient imputables en zone infestée
94 %
des apiculteurs déclarent être touchés par le frelon asiatique
0
prédateur naturel pour réguler ses populations en Europe
Production française de miel
Un effondrement aggravé par la pression du frelon
32 000 t
1995
10 000 t
2023
Source : UNAF · données d’exemple
Dans la grande majorité des cas, tout se passe bien. Quelques règles simples suffisent à écarter le danger, sans céder à la panique.
Gardez vos distances
Restez à au moins 5 mètres du nid. Ne faites pas de gestes brusques et n’obstruez pas l’entrée.
Ne le détruisez jamais vous-même
Pas de jet d’eau, de feu ni d’insecticide : une colonie dérangée devient agressive et le danger est réel.
Signalez-le en mairie
Votre commune oriente vers un référent ou un professionnel agréé pour une destruction encadrée.
Piqûre isolée
Nettoyez, désinfectez et appliquez du froid. Surveillez la zone pendant quelques heures.
Signes d’alerte
Gonflement du visage, gêne respiratoire, malaise, piqûres multiples : la réaction peut être grave.
En cas de réaction grave
Appelez le 15 (SAMU), le 112 (urgences européennes) ou le 114 (sourds et malentendants).
Le frelon asiatique nourrit beaucoup de fantasmes. Démêlons trois croyances répandues.
« Le frelon asiatique attaque l’homme sans raison. »
Loin de son nid, il est peu agressif. Le danger vient surtout de la défense du nid lorsqu’on s’en approche à moins de quelques mètres.
« Sa piqûre est mortelle. »
Sa piqûre n’est pas plus venimeuse que celle des autres hyménoptères. Le risque concerne surtout les personnes allergiques.
« Il décime les colonies d’abeilles. »
En faisant le siège des ruches, il épuise les abeilles et peut provoquer l’effondrement de colonies entières, surtout en fin d’été.
Réglementation, recherche, terrain : l’essentiel de l’actualité du frelon asiatique, suivi en continu.
L'essentiel se complète : identification, droit, science et terrain. Approfondissez chaque pilier de référence.
Ne prenez aucun risque. Faites appel à un professionnel certifié pour une destruction en toute sécurité.