Paris concentre une végétation urbaine dense malgré sa minéralité apparente : 490 000 arbres d'alignement et de parcs, 430 jardins publics, plusieurs grands cimetières arborés dont le Père-Lachaise, Montparnasse et Passy, des toitures complexes en zinc et ardoise, et des milliers de cours intérieures fermées. Ce contexte architectural particulier offre au frelon asiatique (Vespa velutina nigrithorax) de nombreux points d'ancrage pour installer ses nids fondateurs au printemps, puis développer ses colonies secondaires jusqu'en octobre. Les fondatrices hivernées se réveillent dès mars-avril et recherchent un emplacement protégé : une corniche en zinc, une avancée de toit, le feuillage épais d'un marronnier dans une cour, ou les anfractuosités d'un platane centenaire le long des grands boulevards. Dans les 12e, 15e, 16e, 17e, 19e et 20e arrondissements, les signalements de nids actifs se multiplient chaque été, souvent repérés tardivement parce que la structure haussmannienne masque l'entrée des nids à plusieurs mètres de hauteur.
Le bois de Boulogne (846 ha) et le bois de Vincennes (995 ha) constituent des réservoirs naturels importants où les colonies se développent à l'abri, avant d'étendre leur rayon de butinage sur les quartiers résidentiels voisins. Les 16e et 12e arrondissements, directement adjacents à ces deux massifs, recensent ainsi des signalements dès le début de l'été. Le long des berges de la Seine — quais des arrondissements centraux, promenades plantées du 12e, bords de Marne dans le 12e — les arbres de berge offrent des perchoirs discrets à plusieurs mètres de hauteur. Les cimetières Père-Lachaise (20e), Montparnasse (14e) et Passy (16e) cumulent vieux arbres, végétation haute et faible fréquentation nocturne, un environnement favorable à l'installation de nids secondaires. Les grands parcs comme les Buttes-Chaumont (19e), Monceau (8e), Montsouris (14e), la Coulée Verte du 12e et les Tuileries (1er) constituent également des zones de vigilance, surtout lorsque des nids sont suspendus à plusieurs mètres dans les arbres.
À Paris, les interventions professionnelles se distinguent par leur complexité : accès par cour intérieure, façades à plusieurs dizaines de mètres, copropriétés avec syndics à prévenir, espaces publics nécessitant un périmètre de sécurité temporaire, et contraintes liées à la densité du voisinage immédiat. La mairie de Paris et les arrondissements ne prennent pas en charge les destructions de nids sur propriétés privées, et les pompiers de Paris (BSPP) n'interviennent que sur nids accessibles présentant un danger immédiat documenté. Les particuliers, syndics, gestionnaires d'équipements collectifs et établissements scolaires ont donc tout intérêt à faire qualifier rapidement la situation par un prestataire spécialisé capable d'évaluer la hauteur réelle du nid, de sécuriser le périmètre et de neutraliser la colonie sans exposer les occupants ni perturber les pollinisateurs qui butinent dans les espaces verts parisiens.